"Beaucoup résument les soins palliatifs à la mort. Mais avant la mort, il reste la vie. Le but, c’est vraiment d’apporter une qualité de vie, pas de prolonger la vie. Offrir une fin de vie digne, sans souffrance, dans le plus grand confort possible..."
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
“Je m’appelle Sandra Scherschel, je suis Aide-soignante spécialisée en soins palliatifs chez AlivePlus depuis 6 ans."
Comment es-tu devenue aide-soignante spécialisée en soins palliatifs ?
“Alors, c’était à force de pratiquer les soins, auprès des résidents et des patients. Je me suis rendue compte que mon accompagnement n’était pas adapté face à la fin de vie, à la mort, au bien-être des patients. Je n’avais pas une attitude assez professionnelle face à tout ça. Du coup, j’ai d’abord suivi une formation de sensibilisation aux soins palliatifs, puis l’année dernière j’ai fait un approfondissement en soins palliatifs pour améliorer ma pratique et la qualité de mon accompagnement. »
En quoi consiste ton travail au quotidien ?
“Je suis là pour accompagner les personnes dans les actes de leur vie quotidienne : la toilette, l’hygiène, etc. Je veille aussi à l’environnement : qu’il n’y ait rien qui traîne ou qui pourrait causer une chute. Je m’occupe également de la médication : je vérifie que le traitement est bien pris, je surveille les rougeurs ou tout signe qui ne va pas, et j’en informe les infirmières pour qu’elles puissent contacter le médecin.
C’est vraiment un tout, un enchaînement d’éléments : il faut être attentif à tout. »
Comment gères-tu la dimension émotionnelle de ce métier ?
“Ça vient avec le temps. Au début, c’était très compliqué : je prenais chaque situation très à cœur, chaque personne, et aussi malheureusement les décès. Maintenant, ça me touche toujours, mais j’arrive à prendre du recul. J’essaie de me concentrer sur ce que j’ai apporté pour améliorer leur qualité de vie.
Bien sûr, humainement, c’est difficile d’être toujours confrontée à la mort, mais je me dis : voilà, tout le monde meurt un jour. Ce qui compte, c’est que j’ai contribué à leur offrir une qualité de vie au quotidien.”
As-tu un souvenir ou une rencontre qui t’ont particulièrement marquée?
“Je n’en ai pas un en particulier, parce que j’ai vécu de belles rencontres avec beaucoup de patients. En choisir un seul, ce n’est pas possible.
Ils m’ont tous apporté quelque chose, chacun à leur manière. Professionnellement, parce que j’ai appris de mes erreurs et je ne les ai plus reproduites. Et personnellement aussi, car ça m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses dans ma vie.”
Qu’est-ce que les gens ignorent souvent sur les soins palliatifs ?
”Beaucoup résument les soins palliatifs à la mort. Mais avant la mort, il reste la vie. Le but, c’est vraiment d’apporter une qualité de vie, pas de prolonger la vie. Offrir une fin de vie digne, sans souffrance, dans le plus grand confort possible.
Ce que les gens ignorent aussi, c’est le lien avec les familles. Elles font partie intégrante de la fin de vie de la personne. Voir un parent ou un proche mourir, ce n’est pas évident. Alors, on est là aussi pour expliquer ce que sont les soins palliatifs.
Par exemple, si on décide de ne plus faire de douche mais de privilégier une toilette autrement, les familles ne comprennent pas toujours. Il faut leur expliquer que notre priorité, c’est le confort de la personne, pas d’imposer des soins qui ne sont pas adaptés.
Donc oui, les soins palliatifs mènent à la mort, mais leur essence, c’est vraiment d’accompagner la personne et de lui apporter une qualité de vie.”
Quelles qualités sont essentielles pour exercer ce métier selon toi ?
“La patience, la bienveillance et l’humanité.
Certains essaient de mettre une barrière en disant : "Moi, rien ne me touche." Mais c’est impossible.
Par contre, je voudrais enlever un mot qu’on cite souvent : l’empathie. On en parle beaucoup, mais pour moi, en soins palliatifs, ce n’est pas juste. On ne peut pas savoir ce que ressent une personne. L’empathie suppose ça, mais en réalité, on ne peut jamais vraiment ressentir ce qu’elle traverse.
Quand un patient est en colère, en pleurs ou joyeux, on l’accompagne. Mais on ne vit pas ses émotions à sa place."
Qu’est-ce que tu dirais à quelqu’un qui envisage ce métier ?
“Il ne faut pas le prendre à la légère. C’est un métier difficile, physiquement et psychologiquement, parce qu’on est face à la maladie et à la mort.
Il y a aussi les familles : certaines accueillent bien notre présence, d’autres moins, parce qu’elles supportent mal de voir la dégradation de leur proche.
Donc il faut bien réfléchir avant de se lancer. Ce métier demande aussi de mettre sa vie personnelle entre parenthèses : les week-ends, les fêtes comme Noël ou Nouvel An, on n’est pas forcément là, parce qu’on travaille.
C’est un métier exigeant, mais c’est aussi un très beau métier.”
Sandra Scherschel
Aide-soignante spécialisée
service Alive Aides et soins à domicile
"Merci à Sandra pour son engagement et son humanité. Chez AlivePlus, nous croyons que chaque métier mérite d’être reconnu pour sa valeur humaine et sociale. Rendez-vous à la prochaine édition pour découvrir un nouveau visage de notre équipe."
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